martine part en Angleterre Stonehenge … encore
Nous voici donc, tous les deux, à tourner en même temps que plusieurs centaines d’ autres personne autour des pierres.
Entre la caisse et le site, il y a un petit tunnel qui passe sous la route. Pour nous mettre dans l’ambiance, il est peint de fresques au ton naïf, genre illustration à la « Rahan » comme si on arrivait dans un parc Disney
consacré à la préhistoire.
C’est à la fois dommage et puis cela ne l’est pas !
Dommage parce que ce site est bien réel, autant que les pyramides et le mur de Chine.
Si cette fresque doit appâter le chaland ou promettre des émotions aux enfants, c’est foutu.
Ce ne sont que des pierres et qui ne disent rien d’elles-mêmes. Leur dimension ludique est au degré zéro. On ne peut même pas courir, grimper ou se cacher dans le cromlech, son accès est interdit, on ne peut que le contourner.
Pour les poètes ou naturopathes, toucher les pierres et se resourcer de leur éventuel pouvoir énergisant ou leur vertu curative est impossible, un ruban rouge nous met à distance.
Et puis ce n’est peut-être pas dommage si cette imagerie naïve amorce et laisse libre cours à la fantaisie. Elles parlent si peu ces pierres qu’il faut bien les aider à dire quelque chose, quand bien même ce serait inventer.
Moi j’aime bien la table des géants.
Et je ferme les yeux devant l’aspect lisse et artificiel du béton permettant de maintenir une pierre en place, et je ferme les yeux quand je lis que quelques pierres ont été dressées par les archéologues début 20ème à une époque où on ne concevait pas l’archéologie en total respect d’un site.
L’archéologue devait être tenté de remettre les choses en place telles qu’il les imaginait du temps de leur existence ! Le tricheur.
Nous tournons donc et nous les regardons.
Face nord, face sud, avec nuages gris, sans soleil, avec un peu de soleil, de loin, de près, avec plein de monde, avec
des Japonais qui photographient, avec un corbeau perché tout en haut et qui nous regarde en ricanant, avec des touristes en parapluie, d’autres en imperméables…
Et je n’arrive pas à m’en détacher avec mon Claude qui m’attend et s’ennuie un peu, et me gâche tout de ses
commentaires de mec revenu de tout qui me dit que « oui, c’est bien tout ça mais à la même époque les Egyptiens avaient construit des pyramides, le temple d’Abou Simbel et en plus ils écrivaient et les aztèques…blablabla».
Oui, peut-être bien mais qu’est ce qu’il m’énerve !
Moi j’aime bien la table des géants.
Allez, il faut partir.
En épilogue nous visitons Avebury un autre site de pierres levées cerné d’un immense fossé qui forme un cercle.
Rien à voir avec Stonehenge, les pierres plus petites sont partiellement incluses dans un village dont les maisons ont été construites pour partie avec certaines pierres du cromlech.
Les moutons broutent entre les cailloux. Parfois en passant tout près des pierres levées je les frôle. On ne sait jamais. Si je pouvais profiter d’un fluide druidique .
Un chêne immense a poussé sur le bord du fossé. Ses racines dessinent des nervures énergiques sur la pente comme si elles témoignaient d’une activité fabuleuse et souterraine. Des rubans de toutes les couleurs accrochés aux branches du chêne volètent doucement dans la brise. C’est chouette.
|
Filed under: en Europe
Devenez fan de ce Blog :