martine part en Angleterre un petit tour et puis s’en vont
Encore « un petit tour et puis s’en vont ».
Déambulant dans la vieille ville nous entrons dans la « margaret church » équipée de telle sorte que nous suivons de pièce en pièce des contes de Canterbury écrits par Geoffroy Chaucer.
Chaucer a créé les contes de Canterbury racontant des histoires de pélerins venant à la cathédrale.
Pour ceux qui connaissent Europa Parc, c’est le même principe que dans les « pirates de batavia ». Une voix raconte une histoire que l’on illustre par des personnages qui bougent et des décors qui apparaissent progressivement selon le déroulement des événements.
Bon public nous nous laissons charmer par l’artifice, j’aime tant qu’on me raconte des histoires que je ne m’arrête pas aux décors en polystyrène et en plastique.
C’est un peu « cheap » comme dirait notre fille à côté des pierres fabuleuses de la cathédrale…mais cela nous permet de rencontrer l’univers cocasse de Chaucer.
Demain nous rentrons chez nous et nous avons décidé de mettre notre voiture dans le train.
Ce qui veut dire pour moi : -passer sous la mer !
Je crains les tunnels en montagne et l’idée de passer sous la Manche ne me réjouit pas.
Mais c’est cela ou prendre un ferry avec un vent à décorner des bœufs !
Et mon Claude aimerait tant prendre ce tunnel !
Les hommes sont souvent sensibles aux prouesses techniques, il y a quelques mois l’un de nos objectifs de balade était le pont de Millau, c’est dire.
C’est sûr, il y a de fortes probabilités que le tunnel tienne mais s’il ne tient pas… c’est sûr aussi, on est mort.
Et puis il y a quelques temps, je me souviens de l’histoire d’un train arrêté plusieurs heures dans le tunnel. Pffff…
Donc les touristes que nous sommes réservent un passage par internet, payent en avance et viennent à une heure fixe.
Nous partons de Canterbury pour Folkestone, c’est à une trentaine de kilomètres et nous nous laissons guider par les panneaux jusque devant les guichets. Une voiture belge est devant nous et tente de comprendre ce que l’affichage électronique lui propose. La tension monte dans le couple de belges. Ils se regardent, interrogateurs et perplexes et je vois bien que le mari s’énerve un peu.
Le mien aussi et il décide de changer de file et de prendre l’autre guichet qui est libre. Nous reculons pour nous présenter à côté.
Pas d’hommes dans les guérites, il n’y a que des affichages électroniques.
Et là, miracle, le guichet nous dit, à nous personnellement sans que nous fassions quoi que ce soit : bonjour Claude Bronner.
Et nous propose dans la foulée toujours par un affichage électronique d’avancer notre départ.
Aussitôt dit, aussitôt fait. La barrière s’ouvre et nous nous garons pitoyablement tout seuls sur un parking immense et vide jusqu’au moment où un immense panneau électronique nous indique qu’il est l’heure.
Nous nous rangeons derrière la file et entrons dans le train, et roulons dans le train derrière les autres voitures.
Voilà, on ne doit pas laisser le contact, on ne doit pas baisser les vitres, on ne doit pas marcher entre les voitures, et on doit mettre le frein à mains. Mais si on veut on peut faire pipi. C’est prévu.
L’Anglais devant nous est un peu tendu. Je le vois bien, il change ses chaussures pour des pantoufles, il ouvre son coffre, le ferme puis le rouvre. Il ôte son gilet puis il le remet.
Il est tendu et moi qui suis occupée à le regarder lui j’ oublie de me regarder moi-même.
Le train démarre, roule longuement à plat et soudain, il descend. On est un peu secoué dans la voiture et le temps de regarder notre itinéraire du retour sur la carte routière et d’ouvrir un livre, nous remontons déjà et roulons dans la campagne continentale.
C’est bien pratique mais je pense à Barbara, à Mary et aux autres qui tenaient tant à la singularité de leur pays. Est ce encore une île ?
Avant de monter dans le train, regardant une dernière fois l’Angleterre avant de partir, j’ai vu un cheval gravé sur la colline, comme à Avebury. Et je repense à Stonehenge, à Avebury… et au mur d’Hadrien. J’aimerais bien voir le mur d’Hadrien.
Génial, on peut de nouveau rouler à droite.